dimanche

.pensez vous que l'hiver sera rude ?.



C'est pratique, pour toi. D'avoir un loup dans la poche, à portée de sein. C'est bon pas vrai ? de te sentir importante ou jolie au choix, que tu puisses être égoïste, te venger du mal que l'on te fait, trouver un refuge dans le pelage encré, laisser la marque de tes ongles quelque part pour ne pas avoir à les laisser sur la gueule de ton mari.


T'as cru que j'allais écrire la complainte du Lou, sauf que. Tu te trompes, aujourd'hui je suis fermé. Personne ne peut accéder à la meute que constitue mon corps et ma tête, sauf Elle bien sûr mais c'est une autre histoire, dans un autre livre, une autre vie.


Aujourd'hui je me marre, à regarder la fille paumée décider qu'elle aussi ne veut pas grandir, croire qu'elle peut s'encanailler avec quelqu'un qui peut te citer mille sens différents au mot Liberté. Ne flippe pas, ce ridicule ne te tuera pas, parce que ce serait pas vraiment chouette. Mais quand même, de voir à quel point tu te leurres sur cette liberté, pour qu'au final, tu la gâches en te faisant rattraper par ton passé, par ces putains de vagues dont tu ne veux plus. Oui c'était beaucoup plus mouillant de jouer au prince charmant avec tes polypocket que de construire des cabanes dans le fond du jardin.


Ecroulé, de rire.


Je ris jeune, pendant que tu dégueules jaune. Tu as peur que la vie te roule dessus et tu as bien raison, parce que c'est ce qu'elle est entrain de faire. Tu t'accroches à quelque chose qui est déjà effrité, en essayant de te donner des bases solides, un toit, un vrai métier, une robe topshop pas encore tâchée. Tu sais séduire les mauvais garçons, et c'est toujours cool de se vanter de ta dernière baise auprès de tes collègues en buvant ton café.


Je m'en cogne, parce que le soir, c'est toi que tu regarde dans le miroir, c'est ton reflet qui te crache à la gueule tous les mensonges que tu t'inventes. Et de nous deux, c'est moi qui en sors le plus riche, le plus blindé, content de t'éjecter du monde dans lequel t'aurais sûrement pu évoluer.


Le statut de pirate ma gueule, ça se mérite. Si c'est trop crasseux pour toi, reste bien au chaud dans ton confort hétéronormé. Salis toi en buvant ton apéritif kir-bière-olive tous les soirs devant tes émissions merdiques mais arrête de vouloir jouer dans la même cour que nous. T'es trop grande, t'es déjà trop vieille et t'es déjà beaucoup trop morte.


Tourner les talons, merci ciao, basta.
C'est pas moi l'étalon, merci ciao, casse-toi.

samedi

.peaux lué.

il était temps.

d'avoir confondu la porte rouge, avec celle qu'on peint en noir, je fais des sauts dans le temps, à en oublier qui j'étais et ce que je méritais. je me casse la nuque à essayer de voir plus loin que les toits des immeubles, je me casse les genoux à monter sur les gardes fous pour me souvenir, de toi.

t'avais fait des ronds de fumée. on avait jamais promis qu'on s'aimerait et puis un jour il en a été question, mais seulement d'un côté voyons puisque nous sommes ce que nous sommes. j'ai beau faire comme si j'étais un héros je referai jamais le monde, peu importe l'amour qui pétille et qui me fend les yeux, la rage qui me gribouille les tripes, l'envers du mandala c'est comme ça et puis voilà. et la vermine on lui laisse la place pour lui faire croire qu'on l'enlace. crac, mieux, on s'en débarrasse.

pendant que j'essaye d'éliminer tous les plis des draps je t'imagine liker virtuellement la vie des autres. t'acheter des boucles d'oreilles parce qu'être une fille c'est dur et si t'as pas les boucles d'oreilles adéquates à tes couettes, tu juges qu'il est temps d'enlever celles assorties à ton cul.

personne n'aime les héros. c'est les livres qui vous font croire ça. arrêtez de les lire les livres. arrêtez tout et gardez votre médiocrité puisqu'elle vous fait tant bander. c'est beaucoup plus facile d'aimer ce qui détruit.

le salaire des sales gosses mon vieux c'est de voir les autres continuer à plonger alors que tu leur montre le vrai tapis de la vie. la vie aux bonbecs qu'on mord à dents pleine. celle aux dents de lait qu'on met sous l'oreiller pour pas les oublier. aux cabanes qu'on peut construire après avoir rangé les cendriers. 

quand c'est que c'est mort déjà les sales gosses ? 
quand le chaos s'installe en chausson et qu'il se tape une queue en se foutant royalement de ta gueule. 

voilà quand c'est mort. 

les prochains qui veulent faire vieillir les autres, évitez les cookies et le verre de lait sous la fenêtre pour attirer les loups dans vos pièges à mort-dinaires. vomissez vous tant que vous pouvez, moi, je retourne dessiner.

lundi

.just before the storm.

tu te souviens quand on attendait que le vent tourne ? on voulait lui faire confiance, se laisser porter là où on pouvait se foutre de tout, recommencer à rire et faire du grabuge avec nos gorges. 

le vent s'est montré clément. il nous a même bercé d'illusions, quelques bonbons qu'on a planqué dans nos poches. on a relacé nos guiboles trois fois et on s'est amusés à regarder les reflets dans les flaques d'eau pendant que d'autres essayaient de faire la révolution ou de trouver le prénom de leur futur labrador.

certains ont même prétendu être magiciens, pendant que d'autres, des étoiles plein les yeux, les ont suivi en s'éloignant du bord. 

au final ceux qui sont partis faire la révolution crient au scandale pour avoir une place dans le métro le matin alors qu'ils seront sûrement déjà assis toute la journée. le labrador est mort abandonné parce qu'il devenait trop capricieux (oui le chien est exigeant pour quelques uns, il faut sûrement les écouter ils ont l'air très pédagogues), et les étoiles perdues à cause des magiciens ne se rendent pas compte que les vagues les entraînent au fond de l'océan.

et toi capitaine t'en penses quoi ? si je pouvais te confier un secret je te dirais que j'ai peur de la tempête qui se prépare. les cicatrices ont beau être toujours visibles on aime jamais l'attente d'une future guerre.

je veux bien partir au front. mais j'ai la gerbe qui monte trop vite. j'ai pas vraiment l'air prêt mais allons y. de toute façon un jour t'as dit, demain il pleuvra. si j'avais été assez petit à l'époque je t'aurais répondu mon vieux, que le futur il est devant alors y'a qu'à avancer. mais quand je vois le passé enchaîner les héros d'hier, j'ai mal à mon présent. 

dis moi aussi que toi aussi tu serres les dents, ou alors rappelle moi comment on fait. un tout petit peu, en attendant les prochains vents.


mercredi

.crasse.



il était une fois où je suis vraiment écœuré d'être un garçon. à plus grande échelle je suis écœuré d'être quelqu'un qui vit dans le même rêve que vous avez fait du monde. je ne me sens même plus petit.

les petites sœurs de malheur se comptent sur les dix doigts de la main des sept milliards de connards qui vivent ici. mon ventre crie et mon cœur dérape quand je vois la Manipulation, les coups aux visage faits aux gonzesses, et l'anéantissement de celles-ci à vouloir protéger leurs bourreaux.

tout le monde contribue au massacre du reste du monde, peu importe ses motivations. alors allez y, faisez-la, la guerre à votre voisin.

c'est tellement plus facile de faire la baston au lieu de voir ce qu'il pourrait y avoir de bon chez l'autre, histoire que vous puissiez rayonner à votre tour plutôt que de vous dégoûter de vous-même. les écarts d'opinions se règlent avec la mort de l'autre.
ce monde permet ça, et même si ça fait depuis plus longtemps que je suis né, je suis fatigué de le voir. mes nerfs jouent à twister c'est parti, même Mario & Luigi ne peuvent rien y faire. on aura beau manger tous les champignons qu'on voudra ça rendra pas le monde plus beau.

la prochaine scène où je te vois entrain de lever la main sur une femme, je te tue. je te tue dans tes souvenirs je te tue dans ta vie, je te tue dans ton avenir, je t'éclate la machoire contre le trottoir, je t'étripe en spectacle devant les passants qui de toute façon n'auront jamais osé bouger leur cul.

pour toutes les fois où tu ferme ta gueule de t'être faite violée, pour toutes les fois où c'est plus facile pour toi de la fermer et de t'en prendre une plutôt que d'aller chercher de l'aide, pour toutes les fois où tu refous dans ton pieu quelqu'un qui cherche à te détruire plutôt qu'à construire des cabanes colorées, pour toutes les fois où tu vois pas que ceux qui se prennent pour des gourous, te manipulent, détruisent ta créativité en t'enfermant dans leur chaos, et qui écartent tes amis pour que tu puisses encore plus être isolée.

oui pour toutes ces fois là, le prochain qui dérape, je le brule.

jeudi

.bon choix.

salut. comment tu t'intègres ?
des éclairs dans le sang, tes cheveux crinière, c'est maintenant que tu bondis. on aura beau réclamer tous les plus beaux contes du mondes, c'est de penser que toi, tu puisses mourir qui rend mon univers aussi petit.

sur les photos, je jure que j'ai pas volé ton âme. sur les photos, je vois ton sourire, tu as l'air franchement heureux. et c'est ainsi que demain sera fée. prise à l'instant où toi tu bondis, tu te jettes tête la première du haut de la grande grande falaise. j'ai vu le pont derrière toi, il dit tout simplement de ne rien regretter.

je suis content tu sais, j'ai la chance d'être témoin d'un monde qui dégringole et des pirates qui rafistolent. c'est très bien de leur apprendre que par les jours de grands orages, les éclairs scient. nous vivons heureux et nous ne sommes que peu d'enfants, mais ça suffit pour le moment. j'avance avec certains, recule avec les autres. ça s'appelle le cycle de vie/mort/vie, c'est dur à accepter mais quand tu lis les mots tu te sens capable d'à peu près tout.

vivre une situation ça peut paraitre très difficile, la voir sur du papier ça aide à accompagner. je m'élance dans la grande Histoire, certain de faire le bon choix, la petite voix qui me guide à prendre le train, à m'endormir dans tes cheveux noirs et ta peau striée de petites gouttes au chocolat. j'ai presque plus peur de la prochaine décennie, parce quand je baisse les yeux c'est ta main que je vois dans la mienne et qu'on arrive à se moquer ensemble de l'art contemporain, des films qui font pleurer et de passer toute une journée sans presque rien manger.

je ferme la gueule aux renards sans culpabiliser, je vois ton monde s'effondrer mais les éléments d'aujourd'hui font que cette fois, il n'y aura aucune miette à ramasser. je laisserai le vent s'en occuper, un peu comme la mauvaise herbe sur le sentier, une fois qu'on l'a coupé.

quant à savoir comment tu t'intègres, écoute au fond de toi comment ça va, d'abord. laisse parler la femme sauvage qui brûle et qui hurle de tout ce que tu t'infliges. laisse la déborder, je te jure que tout ira mieux après. peut-être qu'un jour comme ça, toi aussi tu pourras courir.

avec les loups.