samedi

.peaux lué.

il était temps.

d'avoir confondu la porte rouge, avec celle qu'on peint en noir, je fais des sauts dans le temps, à en oublier qui j'étais et ce que je méritais. je me casse la nuque à essayer de voir plus loin que les toits des immeubles, je me casse les genoux à monter sur les gardes fous pour me souvenir, de toi.

t'avais fait des ronds de fumée. on avait jamais promis qu'on s'aimerait et puis un jour il en a été question, mais seulement d'un côté voyons puisque nous sommes ce que nous sommes. j'ai beau faire comme si j'étais un héros je referai jamais le monde, peu importe l'amour qui pétille et qui me fend les yeux, la rage qui me gribouille les tripes, l'envers du mandala c'est comme ça et puis voilà. et la vermine on lui laisse la place pour lui faire croire qu'on l'enlace. crac, mieux, on s'en débarrasse.

pendant que j'essaye d'éliminer tous les plis des draps je t'imagine liker virtuellement la vie des autres. t'acheter des boucles d'oreilles parce qu'être une fille c'est dur et si t'as pas les boucles d'oreilles adéquates à tes couettes, tu juges qu'il est temps d'enlever celles assorties à ton cul.

personne n'aime les héros. c'est les livres qui vous font croire ça. arrêtez de les lire les livres. arrêtez tout et gardez votre médiocrité puisqu'elle vous fait tant bander. c'est beaucoup plus facile d'aimer ce qui détruit.

le salaire des sales gosses mon vieux c'est de voir les autres continuer à plonger alors que tu leur montre le vrai tapis de la vie. la vie aux bonbecs qu'on mord à dents pleine. celle aux dents de lait qu'on met sous l'oreiller pour pas les oublier. aux cabanes qu'on peut construire après avoir rangé les cendriers. 

quand c'est que c'est mort déjà les sales gosses ? 
quand le chaos s'installe en chausson et qu'il se tape une queue en se foutant royalement de ta gueule. 

voilà quand c'est mort. 

les prochains qui veulent faire vieillir les autres, évitez les cookies et le verre de lait sous la fenêtre pour attirer les loups dans vos pièges à mort-dinaires. vomissez vous tant que vous pouvez, moi, je retourne dessiner.

lundi

.just before the storm.

tu te souviens quand on attendait que le vent tourne ? on voulait lui faire confiance, se laisser porter là où on pouvait se foutre de tout, recommencer à rire et faire du grabuge avec nos gorges. 

le vent s'est montré clément. il nous a même bercé d'illusions, quelques bonbons qu'on a planqué dans nos poches. on a relacé nos guiboles trois fois et on s'est amusés à regarder les reflets dans les flaques d'eau pendant que d'autres essayaient de faire la révolution ou de trouver le prénom de leur futur labrador.

certains ont même prétendu être magiciens, pendant que d'autres, des étoiles plein les yeux, les ont suivi en s'éloignant du bord. 

au final ceux qui sont partis faire la révolution crient au scandale pour avoir une place dans le métro le matin alors qu'ils seront sûrement déjà assis toute la journée. le labrador est mort abandonné parce qu'il devenait trop capricieux (oui le chien est exigeant pour quelques uns, il faut sûrement les écouter ils ont l'air très pédagogues), et les étoiles perdues à cause des magiciens ne se rendent pas compte que les vagues les entraînent au fond de l'océan.

et toi capitaine t'en penses quoi ? si je pouvais te confier un secret je te dirais que j'ai peur de la tempête qui se prépare. les cicatrices ont beau être toujours visibles on aime jamais l'attente d'une future guerre.

je veux bien partir au front. mais j'ai la gerbe qui monte trop vite. j'ai pas vraiment l'air prêt mais allons y. de toute façon un jour t'as dit, demain il pleuvra. si j'avais été assez petit à l'époque je t'aurais répondu mon vieux, que le futur il est devant alors y'a qu'à avancer. mais quand je vois le passé enchaîner les héros d'hier, j'ai mal à mon présent. 

dis moi aussi que toi aussi tu serres les dents, ou alors rappelle moi comment on fait. un tout petit peu, en attendant les prochains vents.