lundi

.just before the storm.

tu te souviens quand on attendait que le vent tourne ? on voulait lui faire confiance, se laisser porter là où on pouvait se foutre de tout, recommencer à rire et faire du grabuge avec nos gorges. 

le vent s'est montré clément. il nous a même bercé d'illusions, quelques bonbons qu'on a planqué dans nos poches. on a relacé nos guiboles trois fois et on s'est amusés à regarder les reflets dans les flaques d'eau pendant que d'autres essayaient de faire la révolution ou de trouver le prénom de leur futur labrador.

certains ont même prétendu être magiciens, pendant que d'autres, des étoiles plein les yeux, les ont suivi en s'éloignant du bord. 

au final ceux qui sont partis faire la révolution crient au scandale pour avoir une place dans le métro le matin alors qu'ils seront sûrement déjà assis toute la journée. le labrador est mort abandonné parce qu'il devenait trop capricieux (oui le chien est exigeant pour quelques uns, il faut sûrement les écouter ils ont l'air très pédagogues), et les étoiles perdues à cause des magiciens ne se rendent pas compte que les vagues les entraînent au fond de l'océan.

et toi capitaine t'en penses quoi ? si je pouvais te confier un secret je te dirais que j'ai peur de la tempête qui se prépare. les cicatrices ont beau être toujours visibles on aime jamais l'attente d'une future guerre.

je veux bien partir au front. mais j'ai la gerbe qui monte trop vite. j'ai pas vraiment l'air prêt mais allons y. de toute façon un jour t'as dit, demain il pleuvra. si j'avais été assez petit à l'époque je t'aurais répondu mon vieux, que le futur il est devant alors y'a qu'à avancer. mais quand je vois le passé enchaîner les héros d'hier, j'ai mal à mon présent. 

dis moi aussi que toi aussi tu serres les dents, ou alors rappelle moi comment on fait. un tout petit peu, en attendant les prochains vents.


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