samedi

.colorants et déconservateurs.

nous devenions ce qu'on avait bien voulu, être ces petits gars qui ne craignent ni la pluie, ni la nuit ni le froid. les compagnons de galère achevèrent une boucle.

...

dizans. c'est pas si long que ça quand on y pense. dizans à crever des bulles sur nos sweats, à regarder le monde grisir. tenter de lui donner de jolies couleurs, de tracer des sourires du bout de nos doigts, d'incruster des étoiles au creux des mains de ceux qui essayent d'être un peu moins plastique que les autres.
ça parait encore plus loin que très loin. pourtant c'était y'a presque trois hiers.
t'en faisez pas les gars, on s'en va s'en va sans regret.

à toutes les éponges qui pompent nos mondes et nous font des crevaisonvinaigres dans les tripes. aux grands, cachés dans des vêtements de sales mômes qui savent te séduire à coups de nichons et de bouche colgate.
allez vous niquer.

...

on cherchait un paquebot. on a trouvé le plus beau navire du monde, l'équipage a pas tellement changé, et puis les marins ça va ça vient. reste quand même ceux à voile et à vapeur qu'on croquerai bien quand il fait faim.

on n'a même plus besoin de ramer pour trouver le niveau de la mer, on a appris à nager dans les eaux qui nous proposaient si gentiment de nous faire rêver. y'a dizans.

le reste du monde était planté sur le rebord, les pieds dans l'écume. on s'est éloignés, petit à petit, en tentant de construire des nids. Oiseau.

maintenant quand on regarde en arrière, sur le bord, c'est flou, ça bruine tellement que tout se fond, tout se mélange.


il fait tellement bon dans cette eau où on a plus pied, y'a pu qu'à se laisser bercer. 
pendant que ceux du bord crient "laisse pas la vie te passer dessus", on rit à gorge déployée, on raconte les sentiments, on dit que c'est pas possible pas aux héros des grands romans. on s'fout de leur gueule, on est une bande de jeunes à nous tous seuls.


notre vie /
mes amis.

du capitaine au mousse, de la vigie à l'éplucheur de patates
du microbe au chapelier, de cancrelune à claude ponti
on a tous essuyé les traînées des coeurs de pirates.

tu veux que j'te dise ?
tant pis si ça gratte.
c'est l'salaire des sales gosses,
on a oublié la case départ,
on empochera les petites étoiles qui nous reviennent
pendant que toi ton chemin est tout tracé dans ta prison
de
banalités. garde la ta vie sans vague. 
et quand tu seras sur ton lit de mort
on sera encore entrain d'danser dans tous les ports.


alors tant pis pour ceux qui ont abandonné en cours de route.
allez vous niquer.

soyez (pas si) heureux, c'est plutôt méchant.

...

weh

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