bonjour monsieur,
pourrais-je avoir un jus d'orage s'il te plaît ? un cocktail des nerfs, un bouquet de misère, quelque chose sur quoi faire tomber mes éclairs ?
bien.
et je dois lire un millier d'histoires, sans que personne ne sache pourquoi, pourquoi ? y'a plus grave dans la vie, voyons.
en attendant on fait fermer sa gueule à celui qui cogne, on lui dit de se taire, de plus bouger voilà c'est bien maintenant je t'écoutes plus. il est là prostré et c'est pas la peine de venir lui parler.
combien pour venir souiller tes doigts ? combien pour croquer tes phalanges et tenter de croire que la vie est belle et même que le monde est beau ? (soja & modiano, lalalala)
le matin le presque soleil gratte avidement le rideau de fer qui couine et mes boyaux sont prêts à tout lâcher, j'ai fait tomber les dés dans le ruisseau, double trois carte chance, quand c'est qu'on reva danser la trance ?
le jour des frites c'est quand on veut, moi j'attends qu'une chose, que Plum vienne me laver les veines, que je lève l'encre pour en faire des bateaux, placés un peu partout par delà la peau.
c'est l'heure de l'instabilité émotionnelle, de faire couler ton rimmel, que tu te poses des questions existentielles. est-ce que ça vaut le coup ? est-ce que lou vieillira demain ?
pas question, me touche plus, ni toi ni personne sinon. sinon je te transforme oh et puis non d'ailleurs laisse-moi me transformer tout seul. mange ta plume, débranche tes stylos, va t'en toi et ta tignasse. va courir après la gloire, après la sécurité, après tes.
bon, il arrive ce jus d'orage ?
dernier jour sur terre, et j'irai pas prier pour vous.
salut
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