jeudi

.bon choix.

salut. comment tu t'intègres ?
des éclairs dans le sang, tes cheveux crinière, c'est maintenant que tu bondis. on aura beau réclamer tous les plus beaux contes du mondes, c'est de penser que toi, tu puisses mourir qui rend mon univers aussi petit.

sur les photos, je jure que j'ai pas volé ton âme. sur les photos, je vois ton sourire, tu as l'air franchement heureux. et c'est ainsi que demain sera fée. prise à l'instant où toi tu bondis, tu te jettes tête la première du haut de la grande grande falaise. j'ai vu le pont derrière toi, il dit tout simplement de ne rien regretter.

je suis content tu sais, j'ai la chance d'être témoin d'un monde qui dégringole et des pirates qui rafistolent. c'est très bien de leur apprendre que par les jours de grands orages, les éclairs scient. nous vivons heureux et nous ne sommes que peu d'enfants, mais ça suffit pour le moment. j'avance avec certains, recule avec les autres. ça s'appelle le cycle de vie/mort/vie, c'est dur à accepter mais quand tu lis les mots tu te sens capable d'à peu près tout.

vivre une situation ça peut paraitre très difficile, la voir sur du papier ça aide à accompagner. je m'élance dans la grande Histoire, certain de faire le bon choix, la petite voix qui me guide à prendre le train, à m'endormir dans tes cheveux noirs et ta peau striée de petites gouttes au chocolat. j'ai presque plus peur de la prochaine décennie, parce quand je baisse les yeux c'est ta main que je vois dans la mienne et qu'on arrive à se moquer ensemble de l'art contemporain, des films qui font pleurer et de passer toute une journée sans presque rien manger.

je ferme la gueule aux renards sans culpabiliser, je vois ton monde s'effondrer mais les éléments d'aujourd'hui font que cette fois, il n'y aura aucune miette à ramasser. je laisserai le vent s'en occuper, un peu comme la mauvaise herbe sur le sentier, une fois qu'on l'a coupé.

quant à savoir comment tu t'intègres, écoute au fond de toi comment ça va, d'abord. laisse parler la femme sauvage qui brûle et qui hurle de tout ce que tu t'infliges. laisse la déborder, je te jure que tout ira mieux après. peut-être qu'un jour comme ça, toi aussi tu pourras courir.

avec les loups.

lundi

.c&n.




t'aurais parié combien toi que le commis de cirque et le niglo se croiseraient sur le même chemin ? Au Carrefour du Destin, rien n'indiquait que ces deux là allaient apprendre à se découvrir. Non mon vieux, pas la peine de spéculer, de dire que toi tu pensais que. C'est pas une idée aboutie, c'est quelque chose qui vient de la Chance, la même que celle des cartes, une des pointes du mandala.

je croyais que tout était un cycle. c'est archi faux, personnellement je trouve. à combien t'évalues une histoire qui jure de séparer à un moment donné ? chère, tellement chère. pas étonnant que Roméo & Juliette soit un best seller. la simplicité fait chier, à quoi ça sert de tirer tout droit ? vouloir des choses déjà acquises ? pour des sales gosses ayant peur d'être un peu plus vieux demain, c'est beaucoup plus enrichissant de se diriger vers ce qui nous éloigne du reste du monde, de vivre dans l'illusion, se dire peut-être que, y croire.

débuter sous le signe du Bateleur et de l’Impératrice, dans cet ordre. je veux bien. d’ailleurs je pense que je vais me bastonner pour en garder beaucoup. parce que pour le moment petits frères, il s’agit de vivre. le vent a enfin tourné, changé de direction. Dorothy, je crois que nous avons enfin quitté le Kansas, et que cette tornade là bande de bratchni, elle semble nous emmener quelque part. même qu’on s’en fout de savoir où, puisque c’est déjà là.

c’est rigolo, de voir la cabane de quelqu’un pas vraiment construite, d’y déposer les corps, de s’y sentir presque chez soi après avoir pris quelques goûters. c’est loin, très loin de la grande ville, même qu’il faut prendre surtout le train pour y aller. mais tant pis, tant mieux en fait. parce que pendant ce temps je peux continuer de lire ce qui ne serait sûrement pas lu en temps normal. 

avec une montre on peut lire l’heure, avec deux montres ça devient toujours plus compliqué. on se permet de régner sur le temps quand on en a. qu’importe la fatigue, qu’importe les coups durs, les moments de silence et l’absence de spontanéité. profiter. 

voir qu’on peut avancer, prendre une voie différente, que vieillir sans devenir un sale con c’est possible même si c’est pas donné à tout le monde. je nique ta banalité, t’as bien niqué quelques gouffres qui continuaient de se creuser de jour en jour. la tête hors de l’eau, un peu comme Laurence. le moment de reprendre son souffle, de regarder ailleurs qu’à droite et à gauche pour savoir si on peut traverser. 

comment on fait pour pas avoir envie de suivre quelqu’un qui te montre la carte des étoiles qui sont dessinées dans le ciel, les animaux qui veillent sur nous, les objets qui nous protègent ? qui montre tant d'endroits même là où on ne pourra jamais regarder ? 

ces dernières semaines ont été riches en rencontres, bien différentes mais tout aussi importantes pour apprendre à marcher. l’évolution en continu, profiter du moment présent sans tenir compte de ce qui s’est passé hier et en ayant vraiment autre chose à foutre que de penser au lendemain.

loubard l’enchanté, rendez moi un peu ma virilité, j’ai bouffé des macarons et du thé pour le goûter.
ça grouillobouille dans mon bidon

sous l’emprise de mes mains prises,
cap de construire
j’garde quand même les flingues sous l’oreiller
pour au cas où, pour pu de chaos.

commis de cirque et niglo ça sonne pas mal pour un début.

ET JE VAIS AVOIR UN NOUVEAU DESSIN SUR LE DOS DE MA MAIN.

(bientôt, dans deux secondes trente, une heure voire deux).

dimanche

.bros befores (s)hoes.




Sur le bout du bout du monde virgule.
Non c’est n’importe quoi, c’est pas du tout comme ça que ça se passera. Sur le bout d’en haut des marches, à coté du gars qui vend des cacahuètes qui sentent le caramel, vit la fille qui a des genoux complètement niqués, d'un bleu rouge tirant vers le fou rire.

Normalement elle met des jupes assez longues pour pas qu’on les voit, mais un jour alors que je courrais après le vent et que la grande tornade ne s’était pas encore décidée ,elle m’a raconté son secret, là tout bas, au creux de mon oreille. 
C’est comme ça que c’est devenu sépia. C’est comme ça que l’eau est devenue diabolo grenadine et que je ne mange plus la peau des clémentines. C’est comme ça que quelque chose à l’intérieur de moi a fait comme l’horloge du Grand Marché. 

Le soir quand j’ai fini de travailler, on continue de discuter. elle me demande ce que ça fait, d’être grand et amoché. 
Elle me demande si c’est normal que certains autres, vivent plastiquement tout à coté, mais continuent de raconter des salades pour qu’on continue de les regarder. 
Des fois elle met ses bottes, me prend la main et m’entraine pour aller sauter dans les flaques d’eau. Je l’éclabousse plus souvent qu’elle ne le fait, elle m’écrabouille plus souvent qu’elle ne le devrait.

Je lui demande si les cacahuètes au caramel, si elle en a déjà mangé. 
« Non, sinon ça sentira plus jamais pareil ». Et je trouve ça juste alors on s’interdit d’en prendre pour le goûter. 

En vrai je sais bien qu’elle habite un peu trop loin. Je me souviens à peine des formes de sa main, je l’entends juste me dire que dans une autre vie, pas celle là parce que ça sert à rien, que dans une autre vie on est le roi et la reine d’une planète faite de peinture, d’arbres et surement d’autres trucs mais elle peut pas tout expliquer. Que les loups ne seraient jamais devenus des chiens, que les forêts ne seraient jamais devenues des parcs. 

Alors maintenant quand je remonte les escaliers, que sous la statue, beaucoup de gens restent plantés, le téléphone à la main et le sourire en bas des reins, je l’imagine leur pisser dessus, debout, fièrement comme je lui ai montré. On en aura toujours sur la pointe des pieds. C’est pas très grave tu sais, tant qu’on existe il suffit juste de plus jamais soublier. 

Tu me dis si ça tempête, je rangerai les craies, la gouache, ma gouaille, les pains au chocolat, les crayons, le savon un peu marron, les livres qu’on veut jamais finir, et puis je retournerai.

Dormir.

On venait d’avoir quatre ans, personne n’avait préparé de gâteaux.
On était un peu rouillés, il était temps qu’on hurle aux vents.

aouh.

C’est comme ça que tout est devenu sépia, c’est comme ça que j’ai gardé les miettes.
Sous ma casquette, dans mon manteau.


Savoir que t’es là, c’est comme trouver un calot dans son frigo.
(Déploie toi / Déplie moi)

vendredi

.mon fist / ma bataille.

habillé en petit bandit, celui qu'arpente les grands chemins. mes yeux sont clip de musique, mes oreilles écoutent malgré tout ma caboche, et par là je veux dire à l’intérieur surtout. plus je croise l’Homme et plus j’ai l’impression de les avoir déjà rencontrés, dans cette vie là où dans une autre, je m'en cogne. les visages familiers de ceux qui nous paraissent si étrangers. l’oeil s’habitue-t-il au point d’enregistrer les informations recueillies sur chaque personne qui traverse notre vie pour tout redistribuer aléatoirement en foutant un boxomonstre ? je se perd dans les perceptions. la vue se trouble et tout devient bocal à poissons. 

approche approche j'm'en vais te conter mon aquarium.

comment peux tu prétendre vouloir être mon amie alors que rien de ce que tu as en toi n’en a la volonté. tu ne me possède pas et pourtant toute ma rage est centrée sur ta peau pâle et tes yeux clairs. je te déteste, je déteste mon corps qui ne veut pourtant pas de toi mais qui exprime tout le contraire dès l’instant où je te vois. ne m’approche plus. ni de loin ni de près. 

faire taire le grand silence, après l’aparté. écouter l’amie sans vraiment l’entendre. une voix lointaine, à peine située à quelques centimètres de moi. les situations se ressemblent et pourtant sont tellement différentes, tout se mélange sans s'accrocher, dans ce grand bordel paradoxal. les doigts tremblent, la chemise sort du pantalon, le caleçon se fait la malle comme pour avertir qu’il est temps de dégager, d’aller plus loin, ailleurs, quelque part qu’on sait pas vraiment où encore, tu vois ?

se perdre dans une poignée de doigts, une voix timide qui semble presque croire en moi. et toi t’en as sculpté combien d’histoires proche des grands boulevards ? tu saignes aussi quand il fait noir sur les trottoirs ? tu parcours mon corps avec tes lèvres et tu soignes la surface qui fait rougir timidement ce qui est enfoui sous les tripes. je ne sais plus où cogner du coeur mais j’me complais pas dans mon malheur. c'est à mon tour de te goûter et je vacillerai presque pour ta peau de lait.

y’a des fardeaux moins lourd à porter.

de retour sur le bitume, je scrute à droite à gauche et même en diagonale. mon amie tu sais quoi ? tous ces dévots sont des veaux et c’est pourtant moi qui beugle comme un forcené. 
ta compassion ne me touche pas. ta pitié me glisse dessus comme le molard dans lequel t’aurais oublié d’y mettre ta morve.

j’aimerai trouver le temps de lire cécile coulon, d’avoir quelque chose à lui dire pour pas m'trouver trop con. les héros se cachent pour rougir tu le savais toi ?
le soleil s’en est allé, cette année il s'est cassé sans rien régler, copain reviens j'te propose juste de partager. 

les fractures s’agrandissent, les cicatrices s’épaississent et je ne sais vraiment plus où donner de la fête, pour. pour voir si l’herbe est plus fumable ailleurs. 
la facture totale est un peu trop salée, le sucre s’avale avec un billet roulé en paille. 
c’est pas aujourd’hui qu’on reconstruira
les voies impénétrables de la paroisse nasale. 

j’pensais quand même valoir mieux que ça, wesh.
eh lou t’as fait tomber quelque chose.
jore ? 
ton sourire, ma gueule. 

(rob l’autre, eh). 

mercredi

.épouvantables épouvantables.

bonjour monsieur,

pourrais-je avoir un jus d'orage s'il te plaît ? un cocktail des nerfs, un bouquet de misère, quelque chose sur quoi faire tomber mes éclairs ?

bien.

et je dois lire un millier d'histoires, sans que personne ne sache pourquoi, pourquoi ?  y'a plus grave dans la vie, voyons.

en attendant on fait fermer sa gueule à celui qui cogne, on lui dit de se taire, de plus bouger voilà c'est bien maintenant je t'écoutes plus. il est là prostré et c'est pas la peine de venir lui parler.
combien pour venir souiller tes doigts ? combien pour croquer tes phalanges et tenter de croire que la vie est belle et même que le monde est beau ? (soja & modiano, lalalala)

le matin le presque soleil gratte avidement le rideau de fer qui couine et mes boyaux sont prêts à tout lâcher, j'ai fait tomber les dés dans le ruisseau, double trois carte chance, quand c'est qu'on reva danser la trance ?
le jour des frites c'est quand on veut, moi j'attends qu'une chose, que Plum vienne me laver les veines, que je lève l'encre pour en faire des bateaux, placés un peu partout par delà la peau.

c'est l'heure de l'instabilité émotionnelle, de faire couler ton rimmel, que tu te poses des questions existentielles. est-ce que ça vaut le coup ? est-ce que lou vieillira demain ?

pas question, me touche plus, ni toi ni personne sinon. sinon je te transforme oh et puis non d'ailleurs laisse-moi me transformer tout seul. mange ta plume, débranche tes stylos, va t'en toi et ta tignasse. va courir après la gloire, après la sécurité, après tes.

bon, il arrive ce jus d'orage ?

dernier jour sur terre, et j'irai pas prier pour vous.
salut