samedi

.c'est maintenant qu'on va où.

si elle veut pas pas partir, si elle continue de nous manger.
c'est nous qui la niquerons, cette spirale infernale.

on remonte, on remonte, les poumons sur le point d'exploser.
ça y'est le soleil commence à réchauffer. la tête / les épaules / et.la grande inspiration, la bulle d'air qui crève le corps. le souffle divin aux relans démoniaques.
la vague est passée, et on l'a affronté. pleine face, coucou tu veux voir ma gifle ? y'a p'tête les marques et les sévices corporels mais dans la tête petit garçon, dans la tête c'est opikanoba de nouveau. regarde le mon sourire brumeux.

que tu te décides de te lever ou pas l'énorme rond jaune qui crame la peau, lui, se lève sans toi,
attends moi mon gros, attends moi, j'arrive.

tant pis pour les lacets, 
tant pis pour les futures dégringolades parce que.

les destins continuent de se croiser, les mains de se serrer, 
les pupilles de se perdre dans d'autres pupilles.

on a couru très très vite sur toutes les marches
on a regardé au loin. non, encore plus loin et il y avait cette pluie qui
mouillait tous les toits du monde.

s'il pleut sur eux c'est pour moins que ça
pleure sur nous. on sera les mieux servis
tant qu'ils nous prendront pour des fous

on a bordé les trottoirs on /
a renommé les rues des noms 
qu'on voulait
on était perdus mais on était les seuls à avoir trouver notre
place

et le reflet dans la glace,
continuera toujours d'faire
la grimace

mais cette fois tu rigoles, 
tu chausses tes baskets ailées et 
et en route pour la joie /
ouais voilà en route pour la joie.

Paris nous suppliait
de s'amuser avec nous
alors pour faire la paix
je lui ai mis une majuscule.
que ceux qui m'aiment me suivent (je sais toi tu resteras là bas, tant pis pour toi)

.colorants et déconservateurs.

nous devenions ce qu'on avait bien voulu, être ces petits gars qui ne craignent ni la pluie, ni la nuit ni le froid. les compagnons de galère achevèrent une boucle.

...

dizans. c'est pas si long que ça quand on y pense. dizans à crever des bulles sur nos sweats, à regarder le monde grisir. tenter de lui donner de jolies couleurs, de tracer des sourires du bout de nos doigts, d'incruster des étoiles au creux des mains de ceux qui essayent d'être un peu moins plastique que les autres.
ça parait encore plus loin que très loin. pourtant c'était y'a presque trois hiers.
t'en faisez pas les gars, on s'en va s'en va sans regret.

à toutes les éponges qui pompent nos mondes et nous font des crevaisonvinaigres dans les tripes. aux grands, cachés dans des vêtements de sales mômes qui savent te séduire à coups de nichons et de bouche colgate.
allez vous niquer.

...

on cherchait un paquebot. on a trouvé le plus beau navire du monde, l'équipage a pas tellement changé, et puis les marins ça va ça vient. reste quand même ceux à voile et à vapeur qu'on croquerai bien quand il fait faim.

on n'a même plus besoin de ramer pour trouver le niveau de la mer, on a appris à nager dans les eaux qui nous proposaient si gentiment de nous faire rêver. y'a dizans.

le reste du monde était planté sur le rebord, les pieds dans l'écume. on s'est éloignés, petit à petit, en tentant de construire des nids. Oiseau.

maintenant quand on regarde en arrière, sur le bord, c'est flou, ça bruine tellement que tout se fond, tout se mélange.


il fait tellement bon dans cette eau où on a plus pied, y'a pu qu'à se laisser bercer. 
pendant que ceux du bord crient "laisse pas la vie te passer dessus", on rit à gorge déployée, on raconte les sentiments, on dit que c'est pas possible pas aux héros des grands romans. on s'fout de leur gueule, on est une bande de jeunes à nous tous seuls.


notre vie /
mes amis.

du capitaine au mousse, de la vigie à l'éplucheur de patates
du microbe au chapelier, de cancrelune à claude ponti
on a tous essuyé les traînées des coeurs de pirates.

tu veux que j'te dise ?
tant pis si ça gratte.
c'est l'salaire des sales gosses,
on a oublié la case départ,
on empochera les petites étoiles qui nous reviennent
pendant que toi ton chemin est tout tracé dans ta prison
de
banalités. garde la ta vie sans vague. 
et quand tu seras sur ton lit de mort
on sera encore entrain d'danser dans tous les ports.


alors tant pis pour ceux qui ont abandonné en cours de route.
allez vous niquer.

soyez (pas si) heureux, c'est plutôt méchant.

...

weh

lundi

.soliane.

Je suis pas vraiment ton ami, mais là, j'ai envie de faire comme si. C'est ce que voudrait dire le petit boï, tous les soirs dans le creux de ton oreille. 

La nuit, c'est à eux que je parle. Tes renards blancs te suivent, toi la chef de ta meute. Je suis content que tu sois différente, je suis heureux de savoir que quelque part tu respires le même air. J'aimerai juste parfois, retourner sur ta fréquence. 

J'attendrai. J'attendrai que tu boucles cette histoire. J'attendrai que tu changes de trottoir, que tu comprennes qu'on évolue chacun de notre côté et qu'une fois qu'on sera prêts, il n'y aura que des sourires dans nos gorges grasses. Que j'accepterai n'importe quoi pour qu'on puisse continuer de se tenir la main et qu'ensemble on n'aura plus jamais à avoir peur de rien.

J'ai entendu ce qu'il y avait dans ton ventre, tu sais ce qui se passe dans mon corps quand tout tremble. C'est une vieille histoire que de voir des loups et des renards prendre les mêmes chemins. Je le sais, je l'ai lu. 

T'arriveras pas à me faire changer d'avis. 
On est taillés dans le même bois, on a juste pas les mêmes fissures.

Je suis pas magicien des mots, encore moins pour ton cerveau. je t'ai vu trembler et rougir, je sais que ce que je dis trace son chemin jusqu'au fond de ton ventre. Si le soir ça va mal, rappelle toi qu'on a existé, qu'on continuera d'exister. 

Si y'a bien un endroit qu'était pas encore tatoué, tu viens d'y graver ton nom à tout jamais. Si t'es cap de savoir où c'est, t'as juste à me le demander.

Sans déconner le jour où tu reviens, mille bonbons roses qui piquent pour toute la vie.

vendredi

.et puis j’ai fait poum avec mon pouce et je m’ai tué.

le ventrE


n'est qu'une boule en béton, de celle qui donne envie de se recroqueviller sur soi-même. générateur de bile qui grimpe grimpe grimpe et fait devenir acide la

bouchE,

dégueulant des mots qui n'existent pas, éclatent pour faire mal, entendre rugir, hurler, s'énerver, crier.
Nunca Jamás
nunca jamás
Nunca Jamás.

la têtE

est obligée de cogner, elle ordonne, se met en colère et sans que les

yeuX

ne voient, les images explosent. tout, tout est si blanc mon vieux. et c'est impossible de savoir si la réalité a raison ou si l'imagination a tort.
avec pour seule réponse tu es comme tout le monde.
Lui là bas qui ment tout le temps et bastobagarre la terre sur laquelle il crache les postillons de son bœuf salement haché, Elle qui vit tellement loin qu'Elle préfère Se savoir aimé plutôt que de comprendre qu'Elle saccage sans faire exprès. être comme eux. alors là, seulement là

les doigtS

d'abord se mettent à trembler, coups de fouets électriques, comme petit quand fallait pas mettre les mains sur la plaque chauffantattentiontuvastebruler, faudra pas venir pleurer. non. parce que bien sûr quand t'es môme, même pleurer est interdit.

tactattactactatctatctatctatatctatctatactacccctttaaacttacc
cctttaaattcctctctctctaaaaaccc
tttaaa
aaccc
cccccc.

t'es propre, t'as la tête de l'emploi, tu rentres si bien dans les cases, on est tellement fiers de toi. Tu trembles pas quand il faut porter les verres à la table de monsieurmadame,on est tellement fiers de toi. non non mon

cul,

ta

gueule.
je murmhurle tout doucement, mais très fort. parce que je sais que tout là bas, tu m'écoutes sans m'entendre. et si jamais un jour il est temps de partir vers le grand grand vent, qu'on puisse rigoler, rigoler comme quand le gras des chicken fait des bulles dans le fond de la

gorge.

alors viens l'écrire en bas de chez moi.

samedi

.nunca jamàs.

Tu t'appelles Lou, tu es presque grand, sauf dans ta tête et tu vis dans la Grande Ville grise, au milieu des tours aux noms improbables avec une partie de ta bande, qui elle aussi n'est grande que d'apparence. Il n'y a que Jefferson qui est petit, il te fait vibrer, des vibrations dont on aurait du mal à définir la provenance, mais qui, décrit avec un sens de l'observation inégalable, devrait pouvoir t'aider à surmonter toute cette obligation de grandir. Tu portes une grande salopette noire, bien large, avec des oiseaux très blancs qui cherchent encore une Liberté et qui s'élancent sur toi, comme sur un épouvantail qui n'aurait jamais fait peur. Tu vis dans la Grande Ville grise avec une partie de ta bande.

Tu t'appelles Lou et le noir que tu portes illustre à merveille la couleur du nuage qui prend toujours plus de place derrière tes poumons, la couleur que tu auras beau cracher mille fois, mais que tu retrouves à chaque fois dans tes cauchemars, à chaque fois dans tes projets.

Tu profites de lire un livre déjà lu il y a longtemps pour t'inspirer et écrire ces quelques lignes, t'aventurer au milieu des phrases qui percutent, et voilà que sans prévenir les mots se couchent puisque tu les voles, chaque lettre fait pression sur sa voisine, même le café-lait-chocolat et le clavier se laissent emporter parce qui n'est encore qu'un début d'alarme à tirer.

Elle s'apprête à se tordre, dans les nuits qui commencent à se refroidir. Tu serres ton oreiller, tu fermes les yeux pour la faire disparaître. Ce n'est que son fantôme qui tape dans tes souvenirs et joue avec toi comme un pantin qui n'a jamais voulu devenir petit garçon. Tu ne lui en veux pas, tu ne lui en voudras jamais de rien. 

C'est le moment que tu choisis pour t'installer sous ta cabane, pour exorciser tes peurs, faire disparaître les débuts de tes tremblements. Tu connais cet abri car c'est là que que tu passes des heures et que tu as imaginé ce que ça ferait si elle vivait un peu tout ça avec toi, c'est ici que tu vis tes angoisses et tes fous rires. C'est ici que tu ne sais plus si tu t'es cogné à elle ou si c'était encore une illusion.

Ce refuge, fait de bois parce que tu savais que ce serait plus solide que toi mesure à peu près ta taille, ce qui le rend confortable. Tu pourrais y passer des heures à croire qu'installé sur le matelas, tu ne pourras plus jamais grandir ou alors dormir pour un temps indéfini. Alors tu répètes à voix haute pour la faire fuir. Nunca jamàs.

La bribe d'espoir, que tu tisses dans tes plans les plus fous et les moins réalisables, a résonné comme un miracle et t'as donné le courage un peu stupide de survivre un peu plus longtemps dans le monde des Grands. Tu ne sais pas vraiment ce qu'est la vie, même si certains la raconte et l'embellisse, ce qui laisse croître l'Espoir pendant ton sommeil, même si, parfois, la nuit, tu te réveilles en nage, persuadé que tout ça n'a jamais existé, que sa silhouette chaude respire lourdement à tes côtés et qu'elle répondait toute somnolente quand tu l'appelais pour te rassurer, qu'elle t'invite à te blottir contre elle, et que ta main caresse ses cheveux humides de sueur et emmêlés. 

Ce qu'elle comptait faire de toi tu ne l'as jamais su. Mais ses intentions n'avaient rien d'éternel, à moins qu'il existe un pays où on aurait pu être les rois sans craindre le regard des autres, surtout celui des autres. Mais aujourd'hui tu as écrit ailleurs, à quelqu'un d'autre. La chaîne des évènements qui se déroulent dans ta tête est brisée et ton histoire va peut-être recommencer.

Tu t'appelles Lou, ton créateur s'appelle Plum, car on peut appeler créateur quelqu'un qui fait tomber les ombres.